Guide pratique de l’autobiographie 6

Écrire en je, il ou tu ? Biographie ou autofiction ?

24.07.2026

L’été – souvent synonyme de vacances et de dépaysement, parfois même d’introspection – peut être une bonne période pour se lancer dans un projet d’écriture. Les cinq premiers articles de ce « Guide pratique de l’autobiographie » abordent les différentes étapes d’un tel projet ainsi que les questionnements qui peuvent apparaître chemin faisant. Ces réflexions sont bien sûr loin d’être exhaustives. Il y a notamment un aspect dont je n’ai pas parlé, c’est la perspective qu’on souhaite adopter.

Perspective

En effet, un texte – même autobiographique – peut s’écrire aussi bien en « je » (le plus courant) qu’en « il », « elle » voire en « tu ». La plupart des auteur·e·s d’autobiographies vont écrire leur récit en « je », cela paraît évident. Je raconte mon histoire, comme si j’écrivais mon journal. Je raconte les événements que j’ai vécus comme ils me viennent. On est dans une perspective très personnelle, intime. Mais l’écriture du moi peut aussi être difficile. On se questionne sur la fidélité et l’honnêteté de son témoignage.

L’utilisation du « il », du « elle » ou du « tu » est un bon moyen de prendre du recul, d’apporter de la distance en donnant l’impression qu’on raconte la vie d’un ou d’une autre. On se protège aussi de l’exposition directe de son vécu intime. On se positionne en tant que biographe plutôt qu’autobiographe.

L’usage du « tu » est un peu particulier, il relève presque davantage de l’exercice de style. Cela donne une dynamique particulière au récit, permet peut-être davantage de questionner l’histoire, le vécu, les sentiments. Dans ce cas, il peut être utile de réfléchir au préalable au ton que l’on souhaite prendre. Le « tu » peut en effet être accusateur, encourageant ou simplement observateur, tel un narrateur omniscient.

Si vous choisissez finalement le « je », voici le conseil que donne Nicole Giroud dans cet article :

Comment s’en sortir ? En trouvant sa propre voix, son écriture, la musique personnelle de son texte. Peu importe pour ceux qui liront le résultat s’il manque des étapes de vie, ce qui comptera pour eux, c’est que le texte soit facilement accessible et se lise avec plaisir, qu’il rende compte dans sa globalité de votre vie. Le paysage plus que le détail. Les lecteurs ne doivent pas s’ennuyer.

Biographie ou autofiction ?

Comme brièvement abordé dans l’article numéro trois de ce guide, lorsqu’on écrit sur sa vie, la question se pose de la vérité, ne serait-ce que subjective, de ce qu’on raconte. Souhaite-t-on être fidèle aux événements vécus ? Ou souhaite-t-on s’éloigner de cette vérité, la romancer un peu, se dirigeant dans ce cas vers un genre particulier qu’on appelle l’autofiction ?

Comme précisé dans cet article publié sur le site coollibri.com, on se sert dans une autofiction de faits réels, d’évènements que l’on a vécus, mais on les enserre dans un schéma narratif pour les mettre en valeur et en faire quelque chose que n’importe quel lecteur peut s’approprier. La série des « Claudine » écrite par Colette sous le nom de son mari « Willy » constitue un bon exemple de ce que peut être une autofiction et de l’impact qu’elle peut avoir sur ses lecteurs.

Pour aller plus loin sur le sujet de l’autofiction, vous pouvez consulter l’article disponible ici.

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