Guide pratique de l’autobiographie 5
Vous souhaitez rédiger vos mémoires ? Voici la cinquième étape.
24.04.2026
Vous souhaitez rédiger vos mémoires, écrire vos souvenirs, concevoir une autobiographie, garder une trace d’un épisode particulier de votre vie ou de celle de vos parents ?
Dans cette série d’articles, je passe en revue les différentes étapes d’un tel projet et vous donne de précieux conseils pratiques.
L’article ci-dessous se consacre à l’étape numéro cinq : relecture et finalisation du récit.
En quoi consiste cette cinquième étape ?
Dans cet article, je vous propose quelques pistes sur la manière de finaliser et imprimer un récit. Vous avez posé le point final à votre texte. Félicitations ! Vous avez déjà accompli un travail extraordinaire ! Comme je l’ai dit dans un précédent article, lorsqu’on écrit le premier jet, mieux vaut écrire, écrire et encore écrire sans trop réfléchir à la forme. Cela permet de laisser sortir ce que vous aviez à l’intérieur de vous.
Or voilà, le moment est venu de se replonger dans ce texte pour le peaufiner et le rendre « publiable » (j’entends par là y compris s’il s’agit de ne l’imprimer que pour un cercle familial restreint). Il va donc falloir le relire – et probablement plus d’une fois. Puis entamer les démarches permettant son impression. Je vous guide.
Relectures
Je vous propose de procéder ici en plusieurs étapes :
Première relecture personnelle :
Voici un paragraphe du livre de Marie-Eve Tschumi « Écris ton histoire » qui résume très bien la difficulté de cette première relecture :
« Quand on se relit en vue de s’évaluer, il est difficile de ne pas sombrer dans les jugements négatifs comme : « Mon texte est nul » et autres « Je n’aime pas ce que j’ai fait ». Car on a, sans le savoir, des exigences très fortes, mais pas très claires, sur la manière dont un texte est « valable », « bon » ou « bien écrit ». On les tient souvent de l’école, de nos lectures, ou de nos pairs. On pense que le vocabulaire doit être recherché, ou encore la structure très travaillée ; bref, on est à la recherche d’une certaine perfection, sans savoir exactement laquelle. Il y a aussi beaucoup de prescriptions à ce sujet un peu partout, et chacune a des souvenirs d’école où une phrase jugée « mal tournée », une audace mal comprise voire carrément biffée en rouge, a été décourageante pour l’écrivaine en herbe que nous étions. Or écrire, c’est avant tout le plaisir d’expérimenter. […] A mon avis, un bon texte n’est pas un texte parfait. Au contraire. »
Marie-Eve donne ensuite quelques conseils que vous pouvez découvrir en lisant son livre.
Pour ma part, je dirais que cette première relecture personnelle doit vous permettre de réfléchir aux aspects suivants :
- Y a-t-il des passages que je préfère supprimer ? Ou au contraire ai-je oublié certains éléments importants ?
- Est-ce que la structure est cohérente ? Est-ce que le lecteur comprend le récit ?
Orthographe et micro-structure
Voici ce que dit Marie-Eve également à ce sujet :
« Hé oui, désolée. L’hypercorrection orthographique est une norme. Il n’y a rien de mal à avoir de la peine avec l’orthographe, et de ne pas en connaître toutes les règles. Cependant, un texte truffé de fautes est malheureusement difficile à lire […] Ce serait dommage d’écrire un texte intéressant, original, mais difficilement lisible, non ? »
Vous l’aurez compris, il est essentiel de corriger au maximum toutes les erreurs d’orthographe, de frappe, de grammaire, de syntaxe. La première chose est bien sûr d’utiliser le correcteur d’orthographe de votre éditeur (par ex. Word). Ensuite, relisez minutieusement votre texte. Parfois, il peut être utile de relire les paragraphes en partant de la fin vers le début, cela permet de mieux se concentrer sur la forme et de ne pas se laisser distraire par le fond. Si vous ne vous sentez pas en mesure de le faire, vous pouvez :
- Demander de l’aide à une personne de votre connaissance (attention, c’est un travail long et fastidieux qui peut en rebuter plus d’un)
- Utiliser un logiciel correcteur d’orthographe tel qu’Antidote
- Ou faire appel à un·e correcteur·trice professionnel·le
Au niveau de la microstructure, je vous invite à vérifier que votre texte est suffisamment aéré et contient suffisamment de paragraphes. De gros blocs de textes peuvent paraître indigestes.
Bêta-lecteur ou bêta-lectrice
Une fois que votre première version est aboutie, qu’elle est présentable aussi bien sur le fond que sur la forme, vous pouvez – si vous le souhaitez – la faire relire par une personne externe de confiance afin qu’elle vous donne un retour sur le fond. Choisissez bien cette personne et expliquez-lui ce que vous attendez d’elle. En aucun cas cette personne ne doit « détruire votre projet » en le mettant sens dessus dessous et en vous faisant perdre confiance. L’objectif est qu’elle vous donne un retour constructif :
- A-t-elle bien compris le récit ?
- Est-ce que quelque chose l’a dérangée dans la structure ?
- Est-ce que des informations lui ont manqué ?
Choix de l’impression, mise en page, placement des photos
Même si les trois étapes mentionnées dans le titre de ce paragraphe peuvent sembler indépendantes, la mise en page et le placement des photos dépendent en grande partie du choix de l’impression.
Voici les possibilités qui s’offrent à vous et les avantages et inconvénients que j’y vois :
- Impression chez un imprimeur :
- Avantage : vous pouvez choisir un imprimeur de votre région que vous pouvez rencontrer en personne et avec qui vous pouvez discuter du rendu final de votre ouvrage, du papier, de la couverture, etc.
- Inconvénient : vous devrez lui fournir un document prêt à l’impression (bon à tirer). Selon l’imprimeur, il pourra vous expliquer ce dont il a besoin exactement et même comment y parvenir. Ce sera à vous de préparer ledit document, c’est-à-dire de vous charger de la mise en page et du placement des photos.
- Astuce : vous pouvez déléguer la mise en page et le placement des photos à une personne spécialisée. Si vous vivez en Suisse romande, je vous recommande tout particulièrement Alice Collins, de l’entreprise Il était une fois. Elle a travaillé auparavant dans une maison d’édition et connaît toutes les ficelles du métier. Elle peut également vous proposer des imprimeurs.
- Prix :
- Pour un livre de 100 pages, comptez entre CHF 1000.- et 1500.- pour la mise en page, le placement des photos et l’impression d’une vingtaine exemplaires.
- Si vous vous chargez vous-même de la mise en page, vous pouvez miser sur un prix approximatif de CHF 25.- à 30.- par exemplaire, pour une trentaine d’exemplaires directement chez l’imprimeur.
- Autoédition :
Il existe aujourd’hui plusieurs plateformes web sur lesquelles vous pouvez autoéditer votre ouvrage. En plus de vous accompagner dans la mise en page, le placement des photos et l’impression de votre livre (selon des formats standards à sélectionner), elles peuvent également le mettre en vente sur leur site Internet si tel est votre choix.- En Suisse, je vous recommande https://www.isca-livres.ch, localisé à Chavannes-de-Bogis. L’impression se fait directement dans leurs locaux. Le forfait de base commence à CHF 399.-, mais comptez entre CHF 1000.- et CHF 1500.- pour un livre contenant une trentaine d’illustrations avec une couverture personnalisée. L’exemplaire sera ensuite à environ 10 CHF.
- Pour bénéficier de tarifs plus avantageux, vous pouvez également choisir de travailler avec la plateforme https://www.thebookedition.com/fr/ sise en France. Dans ce cas, aucune mise de départ et un prix imbattable à l’exemplaire situé entre 5 et 10 euros pour une quinzaine d’exemplaires et une quarantaine de pages.
- Maison d’édition :
Si vous avez l’impression que votre sujet pourrait toucher un public large, rien ne vous empêche de vous adresser à une maison d’édition. Si elle choisit d’éditer votre livre (attention, la concurrence est rude), elle se chargera de la relecture, vous donnera d’éventuels conseils sur le fond et gérera également la mise en page et l’impression. Quelques éléments à garder à l’esprit :- Beaucoup d’appelés peu d’élus
- Commission des auteurs entre 7 et 10%
- Cibler sa maison d’édition
Cet article vous a inspiré ? Écrivez-moi pour me dire si cette lecture vous a apporté des conseils utiles pour mener à bien votre projet. Qu’allez-vous mettre en place ?
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